Pensée du jour : où il est question de service, de prendre soin de soi et légitimité.

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crédit photo: http://edenlove.centerblog.net/rub-Paysages-d-automne.html

« Nombreux sont ceux qui ont besoin d’écraser les autres pour pouvoir croire à leur propre grandeur. Ils font là mauvais usage de leur pouvoir, paradant pour affirmer leur supériorité.. (…) Aujourd’hui encore, des dirigeants « jouent au seigneur »  par manque d’estime de soi. Ils ont besoin  de déprécier les autres pour se valoriser. (..) ainsi, n ce ne sont pas les hommes qu’ils servent, mais eux même.(…) .

Gouverner veut dire servir (..), diriger, c’est l’art  de trouver la clé qui ouvrira le coffre aux trésors de l’employé, c’est lui donner le sentiment  qu’il recèle en lui beaucoup de capacités et de potentialités.

Diriger signifie éveiller  l’envie de développer ses propres capacités pour les mettre au service de la communauté. (…)

Servir  l’entreprise et les employés ne veut pas dire  se laisser dévorer par eux mais se tenir prêt à assumer les responsabilités et à faire face à  tous les problèmes. » C’est pourquoi, le manager doit « veiller sur soi (…) prendre soin de soi. Lorsqu’il accomplit sa tâche, il ne doit pas s’oublier lui même, ni laisser de côté ses passions, ses désirs et ses émotions. Il doit sentir s’il agit en harmonie avec ce qu’il est.»   Anselm Grün « diriger les hommes- les éveiller à la vie »

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Pour anselm Grün, encadrer une équipe, manager des professionnels est un service. Ce service nécessite une forme d’exemplarité dans la capacité à servir l’autre. Mais servir, ne veut pas dire se sacrifier, c’est pourquoi il entame son chapitre sur le service par une réflexion sur la nécessité de prendre soin de soi, considérant que souvent , les managers qui abusent de leur situation de pouvoir et confondent diriger et autoritarisme manquent d’estime de soi.

Pour l’iderco, il apparaît d’autant plus nécessaire de veiller sur soi, que son statut n’est pas forcément reconnu, et qu’il  peut être amené à souffrir du « syndrome de l’imposteur ». Le doute sur sa légitimité pouvant être renforcé à posteriori par les circonstances et/ou les causes institutionnelles qui l’ont amené à exercer sa mission. En effet, il arrive encore trop souvent que le cadre intermédiaire ne soit pas choisi pour ses capacités à encadrer une équipe, à manager un groupe, à accompagner des professionnels, mais pour des raisons d’ancienneté, d’expériences, de compétences techniques, ou de sympathie, qui sont certes  des critères à prendre en compte dans le choix d’un encadrant, mais ne sont pas suffisant pour manager.

 On peut ainsi être un excellent soignant et un mauvais manager, et vice versa !

Confronté aux limites imposées par la réalité d’une organisation qui oblige à devoir dire non, à prendre le risque de déplaire, confrontée à des situations humaines où l’on est obligé de choisir « le moindre mal », le cadre de proximité est souvent confronté à ses limites et à ses manques.

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Dans un contexte  où il peut être tentant de croire que la légitimité du cadre de proximité résiderait dans une supposée  « hyper compétence », il peut être alors  amené à douter en profondeur de sa capacité à encadrer les professionnels: face à des doutes qui peuvent devenir envahissants, il peut alors être tenté de multiplier les heures supplémentaires afin  prouver qu’il mérite sa place, de vouloir faire-reconnaitre-son-autorite dans des postures inadaptées (séduction pou autoritarisme), de jouer un rôle surfait, ou alors, dans le pire des cas, à fuir les décisions difficiles où la parole des salariés qui pourraient le mettre à mal. Des stratégies dangereuses pour l’estime de soi qui mettent encore plus à mal la légitimité !  (Voir  ici .où  ).  

A force de s’oublier soi même, de nier ses propres peurs ou de leur accorder trop d’importance, le risque, pour le cadre intermédiaire, est de ne plus être ajusté dans sa fonction et de vivre l’encadrement non pas comme un service mais comme l’art de se faire obéir par des équipes (in)soumises!

Il est ainsi plus que nécessaire de prendre soin de soi et d’être vigilent à ne pas sombrer dans ce que Kevin Chassangre  appelle le « syndrome de l’imposteur » . Ainsi, «   Il est des moments propices à l’émergence du sentiment latent d’imposture. L’heureux élu se sent illégitime avec l’impression de tromper son entourage, car il se voit inapte, ignorant, surestimé dans ses talents et ses mérites (qui sont pourtant réels). Et il a une peur panique que ce pot aux roses qu’il se fabrique soit découvert. Ce syndrome – non pathologique – toucherait 60 à 70% de la population au moins une fois, selon des chercheurs américains. Cocktail d’ingrédient divers – mésestime de soi, complexe d’infériorité, anxiété , il empêche de savourer ses réussites et d’évoluer. »

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L’article dont vous trouverez le lien ici (http://lentreprise.lexpress.fr/rh-management/efficacite-personnelle/souffrez-vous-du-syndrome-de-l’imposteur) décrit 7  attitudes types à éradiquer « pour gagner sur sa propre efficacité. »… Bonne lecture…

3 réflexions sur “Pensée du jour : où il est question de service, de prendre soin de soi et légitimité.

  1. Bonjour, l’expérience montre que le manager s’impose une sorte d’idéal et que son égo ne peut (et ne veut) surtout pas décevoir. Imaginez un seul instant la légitime attente de celles et ceux qui composent son équipe soit déçue et provoque une répulsion proportionnelle aux espoirs suscités…Je n’ose imaginer dans un autre cas de figure, que ce même manager soit aussi un imposteur.

  2. Pingback: Et si pour 2016, on offrait des étrennes très spéciales aux équipes? (fin) | IDERCO

  3. Pingback: Pensées pour du lundi: le cadre, un infuseur de solidarité – IDERCO

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