De la nécessité de mieux reconnaitre les misssions et les statuts des infirmières Référentes/coordinatrices en gérontologie

Dans les perspectives des assises des idec qui auront lieux le 19 novembre prochain  à Paris, nous vous proposons ci dessous quelques axes de réflexions qui reprennent et complètent des points déjà soulevés dans ce blog… Notre propos n’étant pas d’imposer une vision ou un point de vue, mais de contribuer à une réflexion indispensable sur le management des équipes chargés du soin et de l’accompagnement des personnes âgées en institution ou à domicile…

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Les établissements accueillant les personnes âgées vivent depuis plus de 15 ans une mutation profonde : l’allongement de la durée de la vie, les progrès de la médecine, les avancées technologiques et l’amélioration des dispositifs de maintien à domicile ont contribués,  entre autre à l’évolution des publics accueillis. L’âge moyen des personnes hébergées et l’augmentation des pathologies et/ou des dépendances qui l’accompagne souvent, ont amenés une nécessaire médicalisation des institutions : la place plus importante accordées aux soins techniques à modifié la configuration des équipes et des organisations.

Les  institutions devenues Ehpad, ont ainsi renforcés leurs équipes de professionnels diplômés et mieux formés tout en veillant à un renforcement de la rationalisation des organisations,  de la traçabilité et des processus d’évaluation  de la qualité.

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En parallèle, les directeurs d’établissement,  ont vus les champs de leurs missions s’élargir et ont été amenés, afin d’accomplir leurs missions,  à renforcer la présence de l’encadrement intermédiaire auprès des professionnels, notamment  celle de l’infirmière référente (terme proposé dans le seul texte « officialisant » la fonction) devenu un pivot indispensable à une organisation des soins de qualité.

 

Face au renforcement de la médicalisation des institutions gérontologiques, il a été nécessaire de définir et d’affirmer la place et le rôle des médecins coordinateurs, notamment au travers de la définition par la loi de leurs 13 missions. Ainsi, le médecin coordinateur et l’infirmière référente devenu dans de nombreuses structures infirmières coordinatrices,  sont amenés à former  un binôme complémentaire et indispensable au bon fonctionnement des institutions.

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Malgré une place devenue centrale dans l’accomplissement de la mission des structures gérontologiques auprès des personnes âgées, le rôle et les missions  des idec/ider ne sont pas toujours définis. En dehors du seul  décret du 26/04/1999 sur le conventionnement tripartite des institutions gérontologiques, il n’existe pas à proprement parler de  référentiel correspondant à leur fonction : celui-ci incitait les établissements à nommer un infirmier référent par structure : « Il pourra être utile dans certains établissements dont l’état de santé des résidents nécessite une présence paramédicale permanente qu’une infirmière constitue la personne ressource pour le personnel soignant de l’établissement. Elle assure un bon suivi des prescriptions médicales, dans le respect de soins et aides gérontologiques de qualité. ».

 

Ce qui est un peu court, au regard de la réalité vécue au sein des établissements.

 

Alors que la présence d’un poste Infirmier référent / coordinateur (H/F) est devenue une condition indispensable au conventionnement des institutions et qu’elles remplissent  sur le terrain un vrai mission d’encadrement intermédiaire nécessaire pour  au bon fonctionnement des équipes et à un accompagnement de qualité qui leur prennent souvent l’équivalent d’un plein temps, leur poste  est souvent financé partiellement, sur un poste d’infirmière, ou sur l’équivalent d’un temps partiel qui ne prend pas en compte la réalité du temps passé à la coordination, la référence et au management de proximité.

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  • les contours de leurs missions exactes  restant très floues,  les idec/ider  peuvent  se sentir  tiraillées entre leurs visions de la fonction, les besoins exprimés par les équipes, les attentes de leurs structures et ce qui est financée réellement par des partenaires qui n’ont pas toujours une vision claire du rôle et de la place des idec ,

 

  • Même si la plupart des idec/ider se rejoignent dans des tâches relativement bien identifiées (voir fiche de poste ars alsace), la question du temps pour accomplir ses missions, de leur statut dans l’organigramme, du sens de leur mission, de leur légitimité en matière managériale est loin d’être  toujours claire.

 

  • il existe une grande disparité dans la manière d’exercer cette fonction, et en particulier, dans la manière de financer ce poste : de nombreuses idec/ider  sont ainsi amenées à travailler largement au-delà de  leurs horaires officiels de travail, certaines toujours dans les soins n’ont pas de temps impartis pour une mission qui se situe largement au-delà des soins médicaux , avec les conséquences que cela peut avoir en matière de disponibilité, de positionnement, et d’épuisement professionnel.

 

  • Alors que les 13 missions des médecins coordinateurs désignent des champs différents et complémentaires de ceux des idec/ider, le manque de clarté concernant le rôle des idec/ider  a pu créer des  zones de chevauchement qui peuvent complexifier leurs relations. De nombreux médecins  coordinateurs expriment ainsi régulièrement  cette nécessité de collaboration dans un cadre éclairci, d’autant plus que, dans un contexte de pénurie de médecin coordinateur,  on  évoque la possibilité de pouvoir déléguer aux idec/ider certaines de leurs prérogatives

(a suivre)

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2 réflexions sur “De la nécessité de mieux reconnaitre les misssions et les statuts des infirmières Référentes/coordinatrices en gérontologie

  1. Tout à fait d’accord avec toi Yves.
    Je ne pourrais être présente le 19 et je le regrette bien. En effet, le congrès semble avoir de nouveau choisi d’axer ses échanges sur le binôme IDEc/ médecin co ! Binôme qui n’existe souvent qu’à 10 ou 20% d’un ETP ! Or bon nombre d’établissements fonctionnent sans médecin co et je reste convaincue qu’avoir accès à un médecin co de manière ponctuelle lorsque le besoin s’en fait sentir (élaboration d’un pathos par exemple) serait suffisant.
    On ne parlera encore pas du binôme IDEC/Directeur, bien plus important et essentiel dans le bon fonctionnement de la structure à mon avis. Avec un groupe de travail piloté par un chargé de mission du CDG 22 et composé de directeur et d’IDEC, nous avons élaboré une enquête sur les missions des IDEC (auprès des IDEC et des directeurs), le but était de faire reconnaitre notre positionnement de manager de proximité. et de valoriser ainsi notre statut.
    Après restitution de cette enquête auprès de l’ARS, du conseil départemental, des élus, des directeurs et de nos pairs, nous avons décidé de travailler sur une fiche de poste IDEC et sur des outils de communication IDEC/DIrecteur. c’était une demande de nos collègues, nous n’en avions pas concernant le binôme IDEC/Med co….
    Les directeurs, et les associations de directeurs (FNADEPA en particulier) se sont clairement positionnés sur un placement en N-1 des IDEC sur l’organigramme, ils considèrent l’IDEC comme un membre de l’équipe de direction et leurs obligations les contraignent à nous déléguer de plus en plus.
    Je trouve dommage que les assises nationales des IDEC prennent le parti d’identifier un binôme IDEC/Medecin co dans lequel bon nombre d’entre nous ne nous reconnaissons pas, et de réduire notre fonction à ce seul binôme. Je trouve surtout que cela dessert notre cause pour la professionnalisation de notre fonction.
    Je ne serait pas là pour en parler, « les absents ont toujours tort », je voulais juste apporter un peu d’eau au moulin…

  2. je suis infirmière en EHPAD . l’infirmière réfèrent se décharge de l’encadrement du personnel soignant. ne s’occupe pas de la répartition de la charge de travail . divise l’équipe; j’ai fait le burnout et malgré cela elle fait comme si ne rien était ; il a suffit que me manifeste dernièrement , lors de la réunion pour finir dans le bureau de la direction avec un avertissement remis en main propre . que signifie ce qu’il m’arrive ? elles me reproche des faits sur le manque de professionnalisme en me reprochant de n’avoir pas appeler les médecins traitants de certains résidents et jusqu’à ne pas mettre en place un trt prescrit alors que tout ça est faux . j’ai donc argumenté et la directrice me réponds que ce n’est pas grave ! je suis choquée!!!!

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