la pensée du jour: et si Saint Exupery nous aidait à manager…

Le Petit Prince on Pinterest | The Little Prince, Prince and Wheat Fields

 

Le site lentreprise.lexpress.fr  propose un article de MM SSève qui  revisite le management à partir de l’œuvre de saint exupery… nous vous en proposons ce dessous de larges extraits avec quelques petits commentaires…

 

« Pionnier de l’Aérospostale et écrivain, Saint-Exupéry a traversé des moments où sa vie ne tenait plus qu’à un fil, perdu dans la tempête, échoué dans un désert hostile… Il s’est alors tourné vers l’essentiel, comme devraient le faire les managers. (…) Ses écrits accessibles à tous , peuvent éclairer le manager, lui donner des clés pour retrouver la capacité de faire et d’aller vers ce qui est fondamental, pour soi, l’équipe, la collectivité. Voici six de ses principaux messages. »

  1. La nécessité de repères stables

« Il faut, autour de soi, pour exister, des réalités qui durent. On ne peut pas vivre sans le soutien des invariants. » (in Courrier Sud)

«  Des points de stabilité permettent d’affronter ce qui bouge, vite, trop vite. Tout changer à la fois perturbe, et crée de la résistance à la nouveauté, même si c’est pour moderniser des méthodes, un outil, un environnement. Certaines habitudes de travail restent vertueuses, il faut les identifier pour les conserver. »

Dans un secteur gérontologique qui vit des mutations profondes il est important d’aider les équipes à appréhender les repères stables de l’institution. Les valeurs qui fondent les pratiques, la vision partagée du vieillissement et de l’accompagnement qui end écoule, doivent ainsi représenter auprès des équipes, les repères stables auxquels ils peuvent s’accrocher en cas de doute. Le projet d’établissement où le projet de soin devant ainsi être autre chose que des incantation stériles où des catalogue de prestation, mais le socle qui apporte les repères stables qui légitimiste les  actions. Non seulement le manager de proximité doit s’y référer régulièrement mais il doit aussi aider les équipes à se l’approprier, afin que les changement ne soient pas vécue comme des ruptures mais comme une continuation et mise en pratique, de manière différente,  de l’immuable.

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  1. Le souci de la finalité des choses

« La grandeur d’un métier est peut être avant tout d’unir les hommes, mais il n’y a qu’un luxe véritable et c’est celui des relations humaines. » (in Terre des hommes)

«  La finalité fonde les efforts communs, crée l’efficacité, fédère les compétences. Une simple considération technique ne suffit pas. Il s’agit de donner une signification profonde à un projet (l’utilité d’un savoir, d’un produit, etc.) puis d’indiquer la direction, avec des jalons progressifs, ciblés à court ou long terme. L’autre avantage est d’apaiser les esprits, sinon le collaborateur risque de courir droit au burn-out. Sur la planète du travail, c’est ce que vit l’allumeur de réverbères du Petit Prince : il se réfère à « la consigne » sans en connaître le but, et il ne s’arrête jamais. »

Dans nos institutions où la gestionnite prend de plus en plus de place, le risque est d’oublier que les professionnels sont au service des personnes et non de l’organisation. Il apparait d’autant plus important d’être vigilent à ce que les professionnels ne se vivent pas comme de simples exécutants au service de fiches de tâches et de procédures. Le manager de proximité, qui est aussi en charge de proposer une organisation efficiente dans un cadre contraint se doit ainsi de veiller à poser des actes managériaux et des paroles qui ne donnent pas aux équipes se sentiment d’être des pions dans une organisation qui aurait oublié la personne.

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  1. La densité de l’instant présent

« Car il est bon que le temps qui s’écoule ne nous paraisse pas nous user et nous perdre, mais nous accomplir. Il est bon que le temps soit une construction ». (in Citadelle). 

« Mû par l’urgence, l’homme étouffe, stationnaire, il s’ennuie. Pour Saint-Ex, il faut savoir goûter l’instant, le rendre efficace et savoir s’en contenter. Le zapping déconstruit et épuise. Souvent, en entreprise, les solutions doivent être très rapides, le chiffre d’affaires s’arrache au jour le jour : c’est contradictoire avec le fait qu’on imagine des plans d’action sur le long terme. Il faut aussi viser l’essentiel, sinon, sa journée est gaspillée par l’accessoire. »

Les équipes soignantes qui ont souvent l’impression que leur travail est une éternelle course contre la montre, ont besoin de temps pour se poser pour apprécier les réussites collectives. Trop souvent les professionnels ont le sentiment que lorsque les cadres s’intéressent à leur travail, c’est pour pointer du doigt les dysfonctionnements ou chercher des solutions aux problèmes. Si ce travail de régulation est indispensable, il est aussi plus que nécessaire de proposer régulièrement aux équipes  des instant où l’on se « pause » sur ce qui a marché, qu’on célèbre les petites victoires, les progrès ds uns ou des autres, afin de se réapproprier la joie de l’instant présent. 

  1. La force de l’échange

« Enseigner d’abord l’échange, car, hors l’échange, il n’est que racornissement. » (in Carnets). « Si je diffère de toi, loin de te léser, je t’augmente. » (in Lettre à un otage)

«  Saint-Ex a établi des ponts entre les pays, les gens, les civilisations. Il a brassé des univers différents. Il nous dit que l’échange est la base de la confiance et qu’il présuppose le respect mutuel : on se parle à égalité. Il faut échanger l’action, la parole, le don de soi. Le manager doit laisser ainsi ses collaborateurs exprimer leurs idées, leur vérité, sinon ils se sentiront dévalorisés. C’est la condition de la performance authentique. A lui aussi de multiplier les échanges informels, s’il formalise des processus de communication, il perdra la vérité de l’autre et sa pensée intime. »

Les temps d’échange sur les pratiques  , ce que certains appellent la clinique tend à disparaître au profit de la rationalisation du travail. Or, quand on travaille avec des humains, la subjectivité  propre à la rencontre à besoin de trouver des espaces pour ne pas se muer en angoisse ou en burn out. Loin d’être une perte de temps et d’argent, les  espaces d’analyse de pratiques ou de réunions cliniques, par ce qu’elles permettent aux professionnels de se décentrer de leurs subjectivité sont des temps essentiels à un travail de qualité. Le partage et l’échange de regards, permettant de regarder autrement les situations, permet d’ouvrir de nouveaux horizons, de considérer que ce n’est pas par ce qu’on n’a pas encore trouvé de solution qu’il n’y en pas.

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  1. Le don ou l’intérêt du bien commun

« Force-les [les hommes] de bâtir ensemble une tour et tu les changeras en frères. Mais si tu veux qu’ils se haïssent, jette-leur du grain. » (in Citadelle)

« Transmettre, former et non pas user de son pouvoir hiérarchique, c’est la mission du manager. Sur sa planète, le roi donne des ordres au Petit Prince. L’autorité, dit Saint-Ex, ce n’est pas le titre, la contrainte, les privilèges, mais le fait d’aider l’autre à grandir. Et en entreprise, il faut savoir donner de son temps pour bâtir les équipes, intégrer les nouveaux, créer un élan collectif, etc. L’intérêt personnel ne crée que des envies et des frustrations. «

Le manager de proximité est là aussi pour aider ses collaborateurs « à grandir ». Non pas par ce qu’il en sait plus ou par ce qu’il serait plus humain que les autres, mais par ce que c’est sa mission. Il y a encore quelques années le  cadre était un « surveillant » : nous avons hélas encore en mémoire ces figures de surveillant(e)s non pas vécus comme chargés d’accompagner les professionnels dans leur mission de prendre soin, mais plutôt perçus comme des inspecteurs des travaux finis , des  professionnels du flicage ou de l’enguirlandage injuste. …

  1. L’aveuglement par les chiffres

« Mais tu ne peux pas cueillir les étoiles ! – Non mais je puis les placer en banque… Ca veut dire que j’écris sur un petit papier le nombre de mes étoiles. Et puis j’enferme à clef ce papier-là dans un tiroir. » (in Le Petit Prince)

«  Sur sa planète, le businessman ne pense qu’à compter, posséder, breveter, oublieux de la finalité des choses. Le manager devrait se détacher de l’obsession des résultats, des tableaux, des rapports. Qu’en fait-il? Lit-il vraiment tout ? Le réalité et la vérité d’un travail ou celle d’un individu ne se résume pas à des statistiques. L’intention et l’effort sont tout aussi importants. »

Sans commentaires….

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Une réflexion sur “la pensée du jour: et si Saint Exupery nous aidait à manager…

  1. Bonsoir,
    J’acquiesce sans modération. Merci pour l’évocation de cet exemple. Il est beaucoup question de temps dans ce post et je ne peux résister à l’occasion qui m’est donnée de citer Mr De Saint -Exupéry:- « Car il te faudra bien admettre que seul coûte ce qui prend du temps aux hommes ». Je vais garder quelques éléments de réflexion qui me seront bien utiles (si vous me le permettez). Bonne continuation.

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