vidéo et pensée du jour: reconnaître le don

Nous avons souvent évoqués dans ce blog le rôle du cadre de proximité dans la motivation des professionnels au travers la reconnaissance du travail des professionnels et l’expression de la gratitude.

Il nous est donc important d’exprimer à notre tour notre reconnaissance et notre gratitude à Mme  Anouk Grevin, aux iderco, médecins co et directeurs qui s’étaient déplacés mercredi dernier pour une belle journée d’échange et de travail, à la fois studieuse et conviviale de travail, sur le management de proximité et la dynamique de don au travail.

Pour prolonger cette journée nous vous proposons de visionner cette magnifique vidéo qui à sa manière, illustre les propos de Mme Anouk Grevin ,

 

Pour madame Grevin, « Le travail comporte une dimension de don, invisible, toujours incertaine, inexigible, mais absolument indispensable au bon déroulement de l’activité. «  Si l’institution ne reconnait pas ce don, il peut être source de souffrance et de démotivation. Afin de prolonger cette réflexion nous vous proposons quelques extraits d’un article « le don de soi au travail » qu’elle a publié  dans la revue « soins cadre ».

 « Un don ne se commande pas. Il est toujours un geste libre, spontané, qui échappe au calcul et aux règles. Il est une invitation à la relation, sans savoir s’il existera un retour. Il est l’expression de la gratuité et, en même temps, s’il est refusé ou pris comme un dû, il est susceptible de susciter un sentiment de trahison, une blessure. Un don appelle à être reconnu. Une telle affirmation n’est pas sans conséquence pour le management. » 

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(…) Le malaise actuel (dans le travail)  pourrait bien être l’expression du manque de reconnaissance de cette part du travail qui ne peut relever que d’un engagement libre de soi-même. (…)  À force de se donner, de donner de soi sans que cela ne soit jamais reconnu, l’engagement s’épuise, le travail en pâtit et le malaise s’accroît.

(…) Tout d’abord, il est fondamental que le travail réel et tout ce qu’il a supposé soient vus et reconnus(…)  Le cadre exerce un rôle primordial dans les dynamiques de don : il est celui qui assure sa mise en visibilité, l’engagement de chacun, et qui a pour rôle la manifestation de sa reconnaissance.

Si tout travail nécessite un engagement, un don de soi, ce dernier appelle à être vu, reconnu comme tel. Il s’agit bien là de voir le travail de ses propres yeux, d’être présent sur le terrain, dans une véritable proximité, afin de pouvoir ensuite lors, par exemple, d’une réunion d’équipe ou d’un entretien d’évaluation, mettre en évidence les compétences, les contributions de chacun, tout ce que chacun a donné de lui.

(…)

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Seule une présence effective et régulière sur le terrain de l’activité permet de voir la part invisible du travail – celle qui, peutêtre, n’est pas avouable –, de connaître véritablement ce qu’il en a coûté, les difficultés traversées, les arrangements que le travail a supposés. C’est bien le travail invisible, le travail de régulation locale, de jeu avec les règles, tout ce qui ne se saisit pas dans les indicateurs, qu’il s’agit de reconnaître et de soumettre à la discussion du collectif. Car c’est précisément de la discussion sur le travail réel qu’émergeront des solutions nouvelles et que les aléas pourront être pris en charge collectivement de manière toujours plus sûre et efficace.

 Cette discussion sur le travail est cependant loin d’être évidente à obtenir dans les équipes.

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Plusieurs conditions sont, en effet, nécessaires.

Tout d’abord, pour que le cadre ait vu le travail, il faut bien sûr qu’il ait pu être disponible. Mais soyons clairs : il ne suffit pas d’expliquer aux cadres qu’ils devraient savoir mieux gérer leur temps et leurs priorités si, par ailleurs, on leur confie toujours plus de missions transversales ou plusieurs équipes à encadrer, parfois sur des étages différents. Le cadre n’est pas, en premier lieu, au service des outils de gestion mais du travail et de l’accompagnement de son équipe. Il est de la responsabilité des directions de faire en sorte que soient redonnés à l’encadrement de proximité le temps et les moyens d’une réelle disponibilité pour sa mission première, le management du travail et des personnes. Disposer des moyens pour jouer son rôle signifie également avoir la capacité de répondre aux questions, une marge d’autonomie suffisante pour ne pas être réduit à simplement remonter systématiquement les requêtes. Enfin, mettre en place un dialogue sur le travail suppose un climat de confiance et de dialogue, ce qui ne peut se construire que dans le temps, à force d’attention et de relations.

Les cadres de proximité doivent manifester, auprès de leurs équipes, de la reconnaissance et de la gratitude. Ce sont eux qui ont vu et eux seuls sont en mesure de dire ce qu’ils ont vu.

(…)

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Que pourraient être des espaces de reconnaissance de la dimension de don dans le travail ?

Des outils aussi simples qu’une réunion d’équipe peuvent devenir espaces de reconnaissance. Encore faut-il que la réunion ait lieu régulièrement pour évoquer le travail réel et ses difficultés concrètes. Il s’agit déjà en soi d’un défi pour des équipes de soin. Pour que puissent y être abordées les questions concrètes qui font problème, il est nécessaire enfin que règne un climat de dialogue et de confiance, patiemment construit dans le temps à force de proximité.

L’entretien d’évaluation constitue également un espace de reconnaissance essentiel pour mettre en valeur la contribution de chacun. Finalement, l’ensemble des outils du management peuvent ainsi être revisités pour en faire des espaces de reconnaissance de ce qui a été librement donné, de manière à nourrir les dynamiques de don dans l’organisation.

Certes, encore faut-il, bien sûr, que ce que le cadre donne, lui aussi, soit reconnu de la même manière par sa hiérarchie, afin qu’il ne s’épuise pas et continue d’éprouver dans son travail le plaisir du don.

Et pourtant, quoi qu’il arrive, il lui reste toujours la possibilité de trouver du sens en donnant de la reconnaissance. Il expérimentera alors probablement que le don appelle le don, la réciprocité vient en donnant.

Et le don le plus susceptible de créer la communauté est peut-être justement l’accueil de l’autre comme un don. « 

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