La pensée du jour : Les maladies des cadres travaillant dans des organisations complexes

Un fidèle lecteur du blog nous à envoyé un texte écrit par une personne de 80 ans ayant d’importantes responsabilités et encore très active au service des autres. A l’occasion des vœux, il proposait  une liste des « maladies et tentations » auxquels doivent faire face les cadres travaillant dans une organisation particulièrement complexe.

Ce lecteur nous faisait remarquer que ce texte pouvait être lu comme des conseils managériaux de bon sens, où chacun pouvait plus ou moins  se reconnaître en fonction des circonstances… nous vous laissons quelques  extraits ci-dessous… à chacun de réagir comme il a envie

Un arbre au bord de l etang gele - Un hiver dans les Ardennes

crédit photos: Photo-Paysage.com

Notre service  est appelée à s’améliorer, à s’améliorer en permanence et à croître (…)  pour pleinement mener à bien sa mission .Pourtant, comme tout corps, comme tout corps humain, elle est exposée aussi aux maladies, au dysfonctionnement, à l’infirmité. Et je voudrais mentionner ici certaines de ces probables maladies, assez communes dans notre (…) service.

  1. La maladie de celui qui se sent « immortel », « immunisé » ou tout à fait « indispensable » et néglige les contrôles nécessaires et habituels(…) Une simple visite au cimetière nous permettrait de voir les noms de nombreuses personnes, dont certaines pensaient peut-être qu’elles étaient immortelles, immunisées et indispensables ! C’est la maladie (…) de tous ceux qui se transforment en maîtres et se sentent supérieurs à tous, et non au service de tous. Elle découle souvent de la pathologie du pouvoir, du « complexe des élus », du narcissisme qui consiste à regarder passionnément sa propre image (…) . L’antidote à cette épidémie est la grâce (…)  de savoir dire de tout cœur : « Nous sommes de simples serviteurs : nous n’avons fait que notre devoir » .Campagne sous le givre - Paysage du massif central par -11°C
[Images d'hiver]
  2. Autre maladie : (…) l’activité excessive. Elle concerne ceux qui se noient dans le travail et négligent inévitablement (…)  de « se reposer un peu », car négliger le repos nécessaire conduit au stress et à l’agitation. Le temps du repos, pour celui qui a mené à bien sa mission, est une nécessité, un devoir, et doit être vécu sérieusement : en passant un peu de temps avec sa famille et en respectant les jours fériés comme des moments pour se ressourcer spirituellement et physiquement. Une branche et des bourgeons recouverts par la glace  - Un très joli phénomène qui survient après que la neige tombée sur l'arbre ait commencé à fondre dans la journée puis ait gelé à nouveau dans la nuit.
[hiver]
  3. Il y a aussi la maladie de la « pétrification » mentale et spirituelle. (…)  . Ce sont ceux qui, chemin faisant, perdent leur sérénité intérieure, la vivacité et l’audace, et se cachent derrière leurs dossiers, devenant les « rois du formulaire » (…). Il est dangereux de perdre cette sensibilité humaine qui permet de pleurer avec ceux qui pleurent et de se réjouir avec ceux qui se réjouissent ! C’est la maladie de ceux qui perdent « les dispositions (…) à l’humilité et au don, au détachement et à la générosité »
  4. La maladie de la planification excessive et du fonctionnarisme. Quand (le cadre) planifie tout minutieusement et croit que planifier à la perfection fait réellement avancer les choses, il se transforme pratiquement en expert-comptable ou en fiscaliste. Tout bien préparer est nécessaire mais il ne faut jamais succomber à la tentation de vouloir enfermer ou piloter la liberté(…). On se laisse gagner par cette maladie parce qu’il « est toujours plus facile et plus commode de se caler dans ses propres positions statiques et inchangéesAube sur Donchery - Ardennes
  5. La maladie de la mauvaise coordination. Quand il n’existe plus de communion entre les membres et que le corps est privé de son fonctionnement harmonieux et de sa tempérance en devenant un orchestre qui produit seulement du chahut, parce que ses membres ne collaborent pas et ne vivent pas l’esprit de communion et d’équipe. Lorsque le pied dit au bras : « je n’ai pas besoin de toi » ou la main à la tête : « c’est moi qui commande », provoquant ainsi malaise et scandale.
  6. La maladie de la rivalité et de la vanité (11). Quand l’apparence, les couleurs des vêtements, les signes honorifiques deviennent le premier objectif de la vie, et que l’on oublie les paroles de saint Paul : « Ne soyez jamais intrigants ni vaniteux, mais ayez assez d’humilité pour estimer les autres supérieurs à vous-mêmes. Que chacun de vous ne soit pas préoccupé de ses propres intérêts ; pensez aussi à ceux des autres »(…)Un matin au bord de la Marne  - La Marne au niveau des communes 
de Bry-sur-Marne (sur la gauche)
et du Perreux (sur la droite).
Val de Marne, France
  7. La maladie de la rumeur, de la médisance, et du commérage. J’ai déjà parlé de nombreuses fois de cette maladie, mais cela ne suffit pas encore. C’est une maladie grave, qui commence simplement, peut-être seulement pour faire un brin de causette, et qui s’empare de la personne. Celle-ci se met alors à « semer de la zizanie » (…), et dans beaucoup de cas à « assassiner de sang froid » la réputation de ses propres collègues et confrères. C’est la maladie des personnes lâches qui, n’ayant pas le courage de parler directement et parlent dans le dos. (…) Frères, gardons-nous du terrorisme des bavardages !
  8. La maladie qui consiste à diviniser les chefs. C’est la maladie de ceux qui courtisent leurs supérieurs, en espérant obtenir leur bienveillance. Ils sont victimes du carriérisme et de l’opportunisme, (…) Ce sont des personnes qui vivent le service en pensant uniquement à ce qu’ils doivent obtenir, et non à ce qu’ils doivent donner. Des personnes mesquines, malheureuses, et inspirées seulement par leur égoïsme fatal  . Cette maladie pourrait frapper aussi les supérieurs quand ils courtisent certains de leurs collaborateurs pour obtenir leur soumission, leur loyauté et leur dépendance psychologique, mais il en résulte au final une véritable complicité.Afficher l'image d'origine
  9. La maladie de l’indifférence envers les autres. Elle survient quand chacun ne pense qu’à soi et perd la sincérité et la chaleur des relations humaines. Quand le plus expert ne met pas ses connaissances au service des collègues qui le sont moins. Quand on vient à apprendre quelque chose et qu’on le garde pour soi au lieu de le partager de manière positive avec les autres. Quand, par jalousie ou par ruse, on éprouve de la joie à voir l’autre tomber au lieu de le relever et de l’encourager.
  10. La maladie du visage lugubre. Elle est celle des personnes bourrues et revêches, qui estiment que pour être sérieux il faut porter le masque de la mélancolie, de la sévérité, et traiter les autres – surtout ceux que l’on considère comme inférieurs – avec rigidité, dureté et arrogance. En réalité, la sévérité théâtrale et le pessimisme stérile   sont souvent les symptômes d’un sentiment de peur et de d’insécurité. L’apôtre (le manager !) doit s’efforcer d’être une personne courtoise, sereine, enthousiaste et joyeuse qui transmet la joie quel que soit l’endroit où il se trouve. (…) un cœur heureux qui irradie et communique sa joie à tous ceux qui l’entourent : cela se voit tout de suite ! Ne perdons donc pas cet esprit joyeux, qui sait manier l’humour, et même l’autodérision, qui font de nous des personnes aimables même dans les situations difficiles (13). Comme une bonne dose d’humour sain nous fait du bien !

 Un ruisseau en hiver dans la forêt ardennaise - 2 - Un hiver dans les Ardennes

crédit photo: http://www.photo-paysage.com/

En fait ce texte a été rédigé en 2014 par Jorge Mario Bergoglio,  l’actuel  pape François lors de ses vœux à la Curie  (c’est à dire son gouvernement).

 

En 2015,  il  proposait en réponse, une série de vertus nécessaires pour assurer le service du management, nous les posterons une autre fois….

 

 

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