la pensée positive du jour

« On peut aussi construire quelque chose de beau avec les pierres qui entravent le chemin ». Goethe

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Le chemins de nos institutions est souvent parsemé de pierres et de cailloux issus d’éboulements et autres événements imprévus qui émaillent la vie des personnes très âgées fragilisées, mais aussi leurs accompagnants.. Nous passons beaucoup de temps à les dégager, à vouloir rendre le terrain plat et lisse… Quand nous pensons enfin avoir réussi, que l’horizon semble enfin dégagé, d’autres éboulements subits viennent semer leurs lots de cailloux et de silex à notre grand désespoir… La tentation du découragement peut alors envahir notre personne, ce qui aura des conséquences dans notre manière d’être avec nos collaborateurs.

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Sans doute est-il nécessaire de nous interroger ? Sommes-nous vraiment optimiste quand nous nous battons pour rendre le chemine lisse et sans embûches ? Ne serions-nous pas au contraire en train de laisser le pessimisme nous envahir ?

Au fond, quand nous dépensons notre énergie, à éviter les obstacles ou à anticiper les moindres difficultés, nous leur attribuons un réel pouvoir de nuisance, c’est comme si nous les considérions comme insurmontables et que nous doutions de notre capacité à les affronter et à les dépasser.

A concentrer notre temps et notre pensée sur les  obstacles, c’est aussi fonctionner comme si on était seul à les affronter, c’est oublier que nos collaborateurs sont là pour collaborer avec nous !

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Dans le management d’un projet, il nous arrive ainsi bien souvent de percevoir les résistances légitimes des uns et des autres comme des cailloux risquant d’entraver la réalisation de notre mission. Nous risquons alors de dépenser une énergie considérable dans des stratégie de persuasion, d’extinction de la contradiction,  afin de faire disparaître ces mauvais cailloux.

Pourtant, refuser que le changement puisse engendrer peurs et résistances, et vouloir persuader notre entourage de la nécessité de l’accepter sans broncher, n’est sans doute pas forcément la meilleure voie pour faire accepter le changement durablement ! C’est au contraire une manière de donner raison à ceux qui doutent du bien fondé du changement, puisque  nous agissons comme si la contradiction risquait d’en effondrer sa légitimité !

En éteignant  toute expression de peur ou de méfiance face au changement, nous envoyons sans nous en rendre compte un message qui risque de renforcer le doute et la peur« tu n’as pas le droit de douter, car l’expression de ce dernier risquerait  de ralentir, voire d’empêcher le changement nécessaire, preuve si l’en est que tu as raison de douter ! »

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Il est plutôt sain,  d’appréhender le changement où les difficultés, car cela nous oblige  à accepter la réalité, et à nous prévenir des difficultés : non pas en cherchant à les éviter à tout prix, mais à nous protéger du désespoir quand l’obstacle imprévu barre brutalement notre route ; à nous donner envie de croire en notre capacité à inventer des réponses, à construire notre capacité à faire face.

La vie institutionnelle n’est pas un long fleuve tranquille, elle ressemble parfois à un torrent parsemé de pierres et de cailloux :  c’est par ce qu’ensemble nous sommes en capacité de nous relever si ils nous font tomber  de les contourner si ils nous empêchent d’avancer, de les déplacer si ils obstruent le chemin, que les obstacles, malgré leur pénibilité ne sont pas un problème.

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Manager ne  consiste  pas  à distiller une espèce de pensée positive teintée d’optimisme béat : il arrive trop souvent que les incantations optimistes, le refus de voir les difficultés, s’écrasent brutalement sur le mur de la réalité et cèdent alors la place à un sentiment de désillusion et de désespoir.

A cet effet il est sans doute nécessaire de se rapeller que ce n’est pas d’espoir dont les équipes ont besoin, mais d’espérance.

L’espoir consiste à espérer qu’il y ait pas de cailloux sur notre route (aurisque de la déception et de la désilusion), l’espérance est cette confiance en notre capacité (collective) à faire face aux cailloux que nous rencontrerons.

Le manager doit avoir une espérance chevillée au corps : cette espérance s’appuyant sur le travail d’acceptation profonde de ses propres  limites et sur une connaissance de ses propres qualités. Par ce qu’il sait qu’il peut tomber, il sait aussi qu’il peut se relever. Par ce qu’il sait que l’erreur est humaine, il peut oser l’assumer, il peut alors accepter de se confronter au doute légitime de ses collaborateurs, leur donner le droit d’avoir peur et les inviter à construire quelque chose de beau avec les pierres qui entravent leur chemin.

Une réflexion sur “la pensée positive du jour

  1. Très bon article. C’est bien la principale difficulté de se connaître et d’accepter ses propres limites pour les manager de proximité que nous sommes. En effet, les effets de « poudres aux yeux » ont leurs propres limites et la vérité apparaît finalement toujours aussi cruelle. On ne peut pas manager sans une certaine authenticité. La déception alors, entraîne une répulsion proportionnelle à une légitime attente de celles et ceux qui ont cru en vous. Je reste persuadé qu’en affichant clairement ses faiblesses et en y travaillant avec le reste de l’équipe on reste « profondément humain » et donc perfectible. Quant au chemin tortueux et pavé d’obstacle, je me réfère souvent à ce philosophe iranien et inconnu qui disait: « Partout où il y a une volonté, il existe un chemin ».

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