la pensée du jour: vivent les Chefs!

 

Nous avions évoqué il y a 2 ans l’action efficace de Jean-marc Blanc , alors directeur d’ehpad: confronté à des taux d’arrêts de travail et un turn over important, il avait décidé  de ne plus vivre ces phénomènes comme une fatalité institutionnelle, de le comprendre comme la manifestation de souffrance au travail de son personnel et avait mis en œuvre des initiatives efficaces. En 3 années, il avait réduit de près de 50% les arrêts de travail , le turn over du personnel étant passé de  28 % de turnover par an à… 0 %. Il avait non seulement mis en oeuvre une série de   mesures  peu coûteuses mais efficaces, mais avait pris conscience de l’importance du prendre soin de ses cadres de proximités et donc de l’iderco.

Depuis, Jean-marc Blanc partage son regard original sur le management, au grand bonheur des personnes qui ont la chance de le côtoyer en formation ou dans les salons professionnels comme le salon age 3 où ses prestations régulières sont très appréciées.

il nous fait l’amitié de  partager avec le blog des iderco ce petit billet d’humeur sur le management, et particulièrement nos représentations (parfois négatives) du chef …

Mon printemps réactionnaire: vivent les Chefs!

« J’ai lu, ce matin, une maxime que j’ai trouvée d’une stupidité crasse: « avec le chef, on obéit, avec le manager on avance, avec le leader, on trouve du sens » ou quelque chose d’approchant….Seul mot français du vocable « chef »! « avec le chef, on obeit » et nous voila obligés d’aller chercher chez les anglo-saxons d’autres mots pour être positif…Alors, attardons nous quelques instants sur ce leader, sacré, saint, à la mode dans le management..

Leader vient de l’anglais to lead, mener. Sauf si l’on lit Scott ADAMS (Le principe de Dilbert) qui voit l’origine du mot dans lead-le plomb, au sens du plomb, la balle de plomb, que l’on a envie de tirer dans le dos de celui qui est au dessus de soi. Les étymologistes voient dans la construction historique du mot leader un parallèle évident avec la construction historique de son équivalent germain, Führer, dont il est communément admis qu’en matière de création de sens, il a prouvé ses limites! Et voila que le coup de grâce est porté par la Commission Générale de Terminologie et Néologie qui propose, comme traduction française, attention, roulement de tambour, CHEF DE FILE!

Tout ça pour ça!

Mais qu’a donc notre bon vieux terme de Chef pour être à ce point caricaturé « Avec le chef, on obéit ». Chef vient du latin « caput », la tête. Le chef c’est celui qui réfléchit, qui se réfère à la raison, la tête et non aux sentiments (le kardia) qui circulent entre le coeur et les intestins…N’a t’on pas le coeur au bord des lèvres lorsque l’on a du prendre des décisions qui sont en contradiction avec notre nature profonde, des décisions de chef (un congé refusé, un licenciement, un remplacement à organiser en urgence, une réunion houleuse…)

Mais la nouvelle Doxa dominante, celle du végétarisme, de la fin des identités, de la culpabilisation de l’histoire nationale, de la hiérarchie has-been, du patron salaud, de l’autogestion fourre-tout, du boboisme triomphant, a évacué la notion de chef du discours social valorisé. Tout au plus est-il affecté au Chef de l’Etat (et ceux-ci se débrouillent très bien à décrédibiliser la valeur du mot), au Chef de l’Eglise (sans commentaire), à l’armée ou aux services éducatifs et à la fonction publique, chefs de service rapidement assimilés aux petits chefs..

Le petit chef est certainement celui qui a le plus contribué à anéantir le sens du mot. Ressort de la promotion vicieuse à la française, le petit chef évolue par favoritisme, par clientélisme….on ne lui donne pas, en général, les moyens managériaux pour incarner son rôle et le voila englué dans une sorte de veulerie teintée de reconnaissance, celle du ventre. Le petit chef est un affidé de l’organisation maltraitante et on le retrouve souvent, distingué par plus haut que lui, répandant son incompétence managériale sur tout ce qui est en dessous, aux ordres.

Le chef est pourtant bien plus que cela. Personne n’est obligé d’être la caricature que le monde selon Saint Bobo voudrait qu’il soit! On peut être chef de meute mais aussi chef de troupe, être la tête, celui qui sait appeler la raison au service de sa compétence, du fonctionnement et non les sentiments, le favoritisme, les petits copains, les passe-droits. Le chef doit être réhabilité. Car c’est de la tête que vient le sens, c’est avec la tête que se comprennent les outils managériaux, c’est la tête et non l’affectif qui permet à l’organisation d’analyser les conflits et les dysfonctionnements et de les résoudre, c’est avec la tête, rationnelle, objective, que l’on saisit le monde et que l’on grandit!

Vive les chefs, donc, qui donnent du sens, aident à l’épanouissement, qui ne sont pas contraints par leur titre à donner des ordres, qui ne sont pas qualifiés jusqu’à la caricature! et comme disait Paul VALERY,  s’épanouir en devenant un chef, « un homme qui a besoin des autres ». »

Une réflexion sur “la pensée du jour: vivent les Chefs!

  1. Bonjour,
    Merci pour ce post Monsieur BLANC et merci au blog IDERCO que cela ait pu être rendu possible.
    J’adhère à votre réflexion et particulièrement lorsque vous évoquez « la doxa ». La bien-pensance actuelle nous indique que l’esprit marxiste existe et perdure plus que jamais. Puisqu’il faille casser l’autorité, détruire l’entrepreneur et pendre les patrons. La lutte de classe a des beaux jours. J’ai eu le bonheur de connaître des « CHEFS » que j’aurais suivi jusque dans la mort (autre temps, autre lieux et autres conditions…) Ce que je retiens aujourd’hui, c’est que pour être chef il faut d’abord et surtout être courageux. Dans le temps du doute quand les difficultés s’accumulent, le leader naturellement va par ses seules qualités remotiver et se positionner comme incontournable pour les autres. Lorsqu’il aura rassemblé et assemblé des qualités reconnues tant dans son autorité que dans sa motivation, le manager pourra se parer de son leadership naturel et se conduire en chef. Deux notions apparaissent fortes de sens dans la fonction de chef. Ce sont souvent le dévouement et la responsabilité qui définissent si le manager, tant dans sa pratique managériale que sur sa propre personnalité sera en mesure de préserver ses hommes et ses ressources. C’est un autre paradoxe qu’explique Dominique DELOCHE lorsqu’il juge : « Que si l’on évalue le manager sur sa seule personnalité sans mettre en corrélation sa pratique managériale, le résultat en sera faussé et ce sera une difficulté supplémentaire ». Malheureusement, nos EHPAD, souffrent d’un manque de « présence », de l’absence de managers de proximité qui soient proches, accessibles, qui n’hésitent pas à se salir les mains, de descendre dans l’arène et prendre des initiatives. Il nous faut ce manager, ce leader ou ce chef qui remet au centre de toute la relation humaine et la proximité avec son équipe. Par ailleurs, il faut souligner l’effet démultiplicateur du leadership. Une équipe de compétences globales moyenne peut se surpasser par ce qu’insuffle son chef. Alors qu’une équipe de grande valeur avec de gros potentiels peut se démotiver par la médiocrité de son chef. Relisons l’art d’être chef de l’Abbé COURTOIS pour s’en convaincre. « S’il l’est (le leader), il cumule deux types d’autorité, celle confédéré par l’organisation et celle de son ascendance relationnelle au sein d’une équipe »
    Bonne continuation
    DTK

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