Des robots pour tenir compagnie aux personnes âgées

 

Puisque les personnes âgées sont de plus en plus seules, puisque le personnel ça coûte cher, les idées ne manquent pas pour trouver des réponses…. en particulier grâce aux nouvelles technologies et objets connectés, souvent présentées comme un remède…. (si vous ne voyez pas la vidéo ci-dessous, cliquer ici pour la voir ,  ellemérite d’être regardée jusqu’au bout…par son humour elle remet au centre la question de la personne et de son libre arbitre)

 

 

 

Heureusement que les personnes auxquelles les nouvelles technologies sont sensées apporter des solutions sont sans doute plus imaginatives que nous ne le pensons….

Au delà des nouvelles technologies, les robots sont (sérieusement) envisagés comme une réponse aux problémattiques de dépendances et de manque de personnel…

Stimuler l’attention des personnes grâce à un robot, c’est sans doute formidable. On peut toutefois s’interroger légitimement: ne risque-t-on pas d’oublier que les personnes sont aussi de vrais humains et pas que des cerveaux à stimuler?Ce n’est pas seulement d’interactivité ou d’illusion d’échanges dont elles ont besoin, mais de compter pour l’autre, d’une attention attention et de l’intérêt que seule la présence d’une vraie personne peut apporter.

Certains y verront dans ce post une refus de principe: refus de la nouveauté, rejet de la technologie, comme en son temps les grincheux de service ont refusés la locomotive ou l’electricité … les réticences, si elles ont lieu, ne sont pas tant dans l’outil que dans leur utilisation possible, à une époque où l’on considère qu’une personne agée coûte cher à la société…

Que les personnes semblent être joyeuses et heureuses de « jouer » avec le robot, tant mieux; et comme le disait ma grand mère fautes de grives on mange des merles, il faut bien se contenter de ce que l’on nous donne! La question n’est pas tant de savoir si la présence ou non d’un robot auprès des personnes leur fait du bien, mais si ils ne risquent pas à terme d’être un merveilleux alibi pour négliger le facteur humain tellement compliqué à manager: au delà du débat « c’est bien , c’est pas bien », cela interroge sur la manière dont on considère  la personne vieille, mais aussi les aidants: ne sont ils que des « robots » applicateurs de techniques relationnelles et de procédures bientraitantes?

L’arrivée des robots est sans doute une bonne chose, car elle peut provoquer une réaction salubre et une interrogation collective sur la conception que nos sociétés occidentales se font du grand âge et de son accompagnement:   au delà des pertes à accompagner ou compenser, au delà des soins de nursing (le robot à doucher des personnes âgées existe déjà au japon) et de la stimulation sensée (?) ralentir un déclin supposé inévitable, n’est-il pas aussi question du besoin d’exister aux yeux d’un autre, du besoin de considération qui donne envie de vivre ou de mourir, du besoin de compter pour un autre capable d’écouter au delà des mots?

On ne pourra sans doute pas s’opposer à l’arrivé des robots et des objets connectés dans le champ gérontologique: au delà de visions idylliques (parfois désincarnanées) prônées par ceux qui voient dans les robots la possibilité de remplacer  du personnel humain coûteux et imprévisible(mais sans doute est-ce ce qui rend l’humain irremplaçable); au delà du fait que ce n’est pas de stimulation mais d’altérité dont les personnes ont besoin,  c’est bien de la place de la fragilité donc de notre humanité, au sein de notre époque, dont il est aussi question.

cette magnifique vidéo de la société st vincent de Paul l’illustre à sa manière….

 

 

b

3 réflexions sur “Des robots pour tenir compagnie aux personnes âgées

  1. Bonjour ,
    Ne pensez vous pas , que la technologie puisse venir en accompagnement et non en remplacement ?
    Cela pourrait également amener à requalifier le « travail  » des aidants qu’ils effectuent au quotidien en disponibilité et présence pour son proche .
    Comme également revaloriser les compétences des advs par une prise en charge humaine , redefinissant leurs actions par rapport à la personne et non simplement à l habitat par manque de temps …
    L’exemple du robot Robbie mis en scène par Florence Braud tente de nous décrire cette complémentarité et cette possible répartition des missions afin de répondre plus précisément aux besoins de l’individu …
    Les besoins exprimés par l’usager devant rester au centre de toutes les actions entreprises .
    Votre vidéo démontre bien qu’il faut absolument l information , la participation et la validation du nouvel outil par le bénéficiaire pour une utilisation optimale , sans être dans le contrôle mais bien dans l’aide , avec ce cher libre arbitre et cette imperfection si humaine ….

  2. a priori je suis plutôt favorable aux nouvelles technologies si elles accompagnent un projet appuyé par une vision construite et coportée, si elles aident les professionnels où les aidants à la rencontre, si elles permettent à la personne de moins se sentir déclassée ou fragilisé narcissiquement…dans l’accompagnement de la fragilité, la subjectivité à une place centrale, elle est trop souvent niée… le risque permanent est de ne voir l’autre âgée que sous le prisme de l’âge et de ses pertes, de n’envisager l’aide qu’au travers de la compensation et la réparation en oubliant que les facteurs de santé et d’autonomie résident aussi dans le rapport à soi; ce rapport à soi, la manière de vivre l’âge, la dépendance, la perspective de la finitude nécessite une présence humaine qui ne soit pas que physique. si la mise en place de nouvelles technologies n’est pas accompagnée par une vrai réflexion éthique, l’outil deviendra finalité… la dimension matérielle prendra le dessus sur la subjectivité…
    l’idée de ce post, est d’interroger notre rapport ambigu à la technologie pour sortir de pour ou contre…mais aussi de rapeller que la dimension humaine de l’accompagnement est irremplaçable…a condition que le manager et/ou le législateur/financeur ne considèrent pas les professionels comme des pions interchangeablesou des exécutants…
    trop souvent l’action (l’aide devient une finalité, la relation en étant que le vecteur..je pense que dans le grand âge, la relation doit être la finalité, l’action du professionnel (qui reste important, et indispensable) devant en être que le vecteur….

  3. Bonjour,
    Cela me laisse dubitatif… Je ne suis pas complètement « fermé » à un autre aspect ou de nouveaux moyens d’aides, mais dans le cas présent et au travers les images, j’ai l’impression d’une intrusion très impersonnelle et où la relation ne se fait que par des fais-çi et pas ça.
    Je le perçois comme une mise à distance par moyen robotique et alors que le nœud du problème se trouve justement dans cette distance que nous (humain) n’arrivons pas à estimer la justesse.

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