Gérer les personnalités difficiles

Roland Guinchard est psychanalyste, il a cette faculté d’expliquer simplement les choses compliquées.

Il est l’auteur d’un ouvrage sur les personnalités difficiles remarquable: il rappelle que ces personnes sont des personnes angoissées et qu’il ne sert à rien de se braquer contre elles.

Ci dessous une vidéo de Roland Guinchard qui décrit simplement le type de comportement le plus fréquemment rencontrées et comment y faire face.

https://rolandguinchard.wordpress.com/2015/09/21/comprendre-les-comportements-hysteriques-au-travail/

 

Vous pouvez aussi aller sur  la série d’article « gérer les jamais content » de votre blog préféré.

ou alors, si vous en avez le culot,  vous pouvez vous inspirer de vincent Lindon dans ce film……..

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Penser autrement l’institutions (encore une initiative qui fait du bien)

Les institutions gérontologiques ne sont pas des guettos pour vieux et il apparaît indispensable de favoriser les initiatives qui permettent de décloisonner les regards et les populations.

A Bruxelles, Peter Cserba , propose bénévolement, une fois par semaine aux résidents de deux maisons de repos (équivalent de nos ehpad),  des ballades en rickshaw, sorte de pousse-pousse que l’on croise habituellement en Asie.

voir la vidéo

Lydia Renny et Peter Cserba à bord d'un rickshaw

Lydia Renny et Peter Cserba à bord d’un rickshaw – © RTBF

La libre belgique dans un article tres intéressant donne la parole aux professionnels et aux résidents  de ces maisons de repos « Lorsque Peter est venu nous présenter son projet, j’ai trouvé ça intéressant et un peu surprenant. Je me demandais vraiment si les résidents allaient accrocher », se souvient Emmanuelle Black, ergothérapeute aux Ursulines. 
Sa collègue Fatima El Hakouni, animatrice, en atteste: « Je me suis dit ‘pourquoi pas?’. Mais on a aussi pensé que ça n’allait peut-être pas marcher. Je me suis demandé : ‘Quel est le résident qui va accepter de monter dans un tuk-tuk ?’. Nous avons quand même tenté l’expérience et franchement, les résidents qui accompagnent Peter sont ravis ». Aujourd’hui, ils sont une petite dizaine à profiter du projet Frickshaw de Peter. (…)

Pour Albert résident de la maison de repos : « Je n’ai pas de famille et donc personne qui ne me rend visite,  Je vais parfois au shopping avec l’équipe des Ursulines, mais je n’aime pas les autres activités proposées. Ces balades en pousse-pousse me permettent de sortir des quatre murs de ma chambre. J’aime me balader avec Peter dans Bruxelles : la Grand-Place, l’Hôtel de Ville, Manneken Pis… C’est un moment pour moi, en-dehors de la maison de repos

 

.Plus nos institutions seront ancrées dans les territoires, reconnues comme acteurs de l’accompagnement, plus elles seront comme des aimants, capable de fédérer et d’attirer les idées originales, les projets portés par de simples citoyens désireux de rencontre et de fraternité.

 

 

 

penser autrement l’institution

Dans la lignée du post précédent, une fidèle lectrice du blog nous a envoyé un lien vers une vidéo présentant une initiative qui nous invite à repenser les frontières des institutions.

A Deventer, aux Pays-Bas, la maison de retraite Humanitas propose aux étudiants, en échange de 30 heures auprès des résidents, un hébergement gratuit dans leur locaux.

Ci dessous le lien vers un tres bon reportage disponible jusqu’au 15 septembre, sinon, pour les plus pressé, une petite vidéo présentant le projet.

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Des personnes âgées à la cantine du village

Contre l’isolement et la solitude des personnes âgées les idées les plus simples sont parfois les meilleures; en témoigne cette initiative du village de Bioules.

Dans les années à venir,  il faudra réinventer l’institution, la repenser comme un centre gérontologique local,  dont le rôle et la mission ne peut se limiter à l’hébergement et aux soins.

Dans un contexte économique contraint, où les personnes souhaitent de plus en plus rester à domicile, les institutions, devront inventer de nouveaux services, savoir être présent auprès des anciens autrement, être facilitateurs de liens, des bricoleurs de la proximités!

 

Dans les villages et les quartiers,  les institutions gérontologiques resteront des emplois non délocalisables, des aimants économiques,  des pôles de vie sociale: à conditions toutefois, de s’autoriser à penser autrement l’accompagnement de la vieillesse, les services et le management.

Cela nécessite aussi des équipes de directions, des cadres de proximités, qui sachent penser l’institution et la vieillesse au delà de leurs murs, et qui donne envie aux professionnels de croire en la noblesse de leur mission.

 

 

 

Pensée pour la rentrée : comment démotiver les équipes de professionnels

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Certains experts et formateurs professionnels qui n’ont pas souvent mis les pieds dans des institutions et rarement  rencontrés des vrais personnes âgées et de vrais professionnels sont pourtant capable de vendre leurs recettes miracles pour manager une équipe et régler les conflits.

Ne voulant pas être en reste, votre blog préféré à décider de terminer l’été en proposant à ses magnifiques lecteurs (la brosse à reluire faisant partie du kit « prêt à penser » indispensable du camelot de l’expert formateur) la recette qui vous permettra d’aborder la rentrée en toute sérénité.

Le mieux étant l’ennemi du bien, il nous a semblé plus intéressant de vous proposer comment démotiver une équipe et faire en sorte que cela ne retombe pas sur vous. Bien évidement si  une  situation ressemblait d’une manière ou d’une autre à des réalités rencontrées sur le terrain, nous vous présentons nos excuses, un bon expert devant être au-dessus de la réalité.

Nous espérons toutefois qu’en testant ces recettes, la rentrée vous soit paisible et pleine de projets.

Comme il faut rendre à césar ce qui appartient à César, les conseils ci-dessous sont très largement inspirés d’un article  « 20 façons efficaces pour démotiver votre équipe » écrit par J.L Andrianarisoa  sur le site lecercle.lesechos.fr

Tout les textes en gras sont ainsi tirés de l’article original destinés aux entreprises, que nous avons légèrement adaptés afin de l’ajuster au secteur gerontologique.

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  1. Ne donnez aucun autre objectif que de faire plus et plus vite: plus de toilette, plus de ménage, plus de soins, car franchement, on le sait bien, les équipes ne savent rien faire d’autres que de râler et traîner dans les couloirs. Faites surtout en sorte que ces objectifs ne  ne soit pas atteignables, et qu’elles soient obligées de finir le dernier résident vers 12h- 12h30, vous pourrez ensuite leur reprocher de retarder le service des repas.

  1. Ne définissez surtout pas de vision commune du soin et de l’accompagnement. Faites en sorte que les professionnels ne coordonnent pas leurs pratiques et s’appuient sur leurs références personnelles plutôt que sur une réflexion collective. Vous pourrez ainsi leur  expliquer qu’ils disposent de tous les moyens nécessaires mais qu’ils les exploitent mal.

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  1. Abstenez-vous de donner un sens à ce que vous faites ensemble. ne faites pas référence aux finalités de l’accompagnement. Prenez soin de cacher le projet de soin et le projet  d’établissement que vous aurez préalablement écrit seul, dans votre coin.

  1. Ne vous intéressez pas au contenu du travail de votre équipe, concentrez-vous sur les résultats, surtout quand ils sont insatisfaisants,  lorsqu’il y a des problèmes, des familles mécontentes ou des résidents énervés.

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  1. Ne consultez pas votre équipe sur les décisions qui les concernent et surtout n’expliquez rien, ils pourraient en profiter pour réfléchir sur le sens de leur travail, où pire, faire des suggestions qui pourraient améliorer la qualité de l’accompagnement .

  1. Si vous devez annoncer des mauvaises nouvelles, dites que c’est la direction ou les ARS, que vous n’y pouvez rien, et que de toute façon, l’avenir sera encore pire.

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  1. Concentrez-vous uniquement sur les performances individuelles et l’application du règlement.  Vous éviterez une coalition contre vous.

  1. Encensez ceux qui atteignent leurs objectifs et ne soyez pas trop regardant sur leur application du règlement. Félicitez ceux qui ne perdent pas de temps dans le soin relationnel, et critiquez devant eux, tout ceux « qui ne font pas le vrai travail » ou « perdent leur temps » en écoutant les résidents..

  1. Ignorez, dédaignez et même pointez du doigt (en réunion d’équipe ou en transmission ) ceux qui ont des difficultés et soyez ferme.

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  1. 10. Quand une personne rencontre des difficultés, laissez-la s’en débrouiller, n’apportez pas de réponse, ou alors, transférez la dans une autre unité  et ne manquez pas de lui signifier son incompétence et le temps qu’elle vous fait perdre.

  1. Soyez toujours débordé, au alors absent.

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  1. Ne traitez jamais les problèmes entre personnes. Cela se tassera bien un jour.

 

  1. Evitez les réunions d’équipe et rencontrez-les plutôt en entretien individuel si vous tenez vraiment à les rencontrer.

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  1. Si vous appréciez les réunions, ne les commencez jamais à l’heure. Même consigne pour l’heure de fin. Ne prenez aucune décision et monopolisez le plus possible la parole.

  1. 15. Ne vous appliquez pas les mêmes règles que votre équipe (sur les horaires et les pauses par exemple).

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  1. N’admettez jamais d’être pris en défaut, que ce soit sur un savoir-faire ou sur une décision. Trouvez  un bouc émissaire (un service, un membre de l’équipe, l’informatique, votre conjoint, la direction, les familles, l’équipe) ou alors faites traîner.

  1. Ne manquez jamais l’occasion de signaler à votre direction que vous êtes entourés d’une bande de bons à rien et que si vous n’étiez pas là, se serait pire!.

  1. Attribuez-vous tous les résultats et réalisations de votre équipe, surtout quand  une famille vient vous féliciter.

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  1. Ne manquez aucune occasion de signifier à votre équipe que vous êtes le meilleur, que lorsque vous étiez dans le soin les choses se passaient autrement, et qu’ils ont de la chance de vous avoir comme cadre pour vous défendre.

  1. Ou alors, et c’est très efficace, soyez-vous même démotivé, ou au moins apparaissez comme tel.

Enfin, en bonus: Ecrivez des protocoles sans concertation. Inondez les équipes de procédures, faites en sorte qu’ils comprennent, que ce n’est pas leurs compétences qui doit guider leur travail, mais le strict respect d’une règle écrite dans un bureau. Faites en sorte qu’elles n’aient aucune marge de manœuvre  aucune possibilité d’initiative ou d ‘adaptation aux personnes, vous pourrez toujours leur reprocher ensuite leur nullité, leur incompétence, voire leurs attitudes rigides à la limite de la maltraitance.

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pensée du jour:prendre en compte la dimension spirituelle dans l’accompagnement du vieillissement, un enjeu majeur

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Aborder la question de la spiritualité dans le champ du médico social, c’est étrangement aborder un sujet tabou, c’est souvent  avancer en terrain miné. Comme l’écrit Louis ploton, c’est un sujet « qui a le don de faire émerger des passions. » Il ya à peine un mois lors d’un salon gérontologique, une conférence traitait de la question de la spiritualité dans le vieillissement. Avant la conférence, une participante a exprimé son refus d’écouter les intervenants « ras le bol de la religion ». Nous avons effectivement tendance à confondre spiritualité avec croyance et religion. Pourtant aborder la question de  la spiritualité ce n’est pas parler religion. Certes c’est aussi parler religion, car la religion est une des expression majeure du besoin spirituel, mais convenons que le besoin de trouver un sens , de répondre à la question du pourquoi de la vie, le besoin de penser sa vie au delà de la dimension matérielle est une dimension de l’être humain qui va au delà des croyances , de la foi ou des pratiques religieuses.

La question des besoins spirituels,  si elle est reconnue comme une dimension centrale dans la culture des soins palliatifs, reste pourtant largement sous traité en gérontologie. Certes, le gériatre Lucien Mias,  pionnier d’une gériatrie humaniste (et créateur d’un des tout premiers site internet consacré aux pratiques gérontologiques et à la bientraitance ) avait publié, dans les années 90, dans une revue médicale un article sur la maltraitance spirituelle, certes la plupart de nos ehpad (en tout cas dans l’ouest de la France) ont une chapelle ou un lieu de culte,  certes la question du sens des pratiques et des outils est au cœur de la réflexion institutionnelle, mais il faut être honnette: la plupart des projets individualisés se centrent plus sur la dimension matérielle de l’accompagnement (ce qui est déjà bien en soit) que sur sa dimension spirituelle , les personnes angoissées,ou anxieuses sont plus facilement perçues comme souffrant d’une pathologie (avec le soutien médicamenteux nécessaire) que comme des personnes en quette de sens, de réconciliation avec soi, leur anxiété étant la manifestation d’un mal être existentiel avant d’être une pathologie.

 

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Il semble ainsi que nos projets de soin oublient que donner un sens à sa vie est  un facteur de santé et de prévention majeur, au risque de  réduire la question du bien être à la santé, à l’hygiène de vie aux contraintes auxquels il faudrait se soumettre ou aux interdits de toutes sortes qui les accompagne.

Nous l’avons déjà écrit sur ce blog, de nombreuses études tendent à montrer que donner un sens à sa vie, s’ouvrir à son intériorité dans la vieillesse,  accepter sa finitude, se définir autrement qu’au travers l’avoir, le paraître et la performance   favorise le bien-être,  réduit le risque de dépression dans la vieillesse, diminue l’anxiété face à la mort , accroît la durée de vie en bonne santé et permet de mourir plus vite, quand le moment est venue de partir.  Ces travaux mettent aussi  en évidence que non seulement développer ses aptitudes spirituelles permet de vivre plus longtemps et en meilleure santé, mais semble réduire significativement le risque  de développer les symptômes de la maladie d’Alzheimer malgré une maladie d’Alzheimer avérée postmortem.

Il est donc indispensable pour nos institutions de prendre en compte cet aspect de la vieillesse qui a peut avoir des implications très concrètes sur la santé et sur la dépendance.

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En attendant de pouvoir développer plus en profondeur cet aspect de l’accompagnement, les personnes intéressées par ce sujet peuvent lire le livre « vie psychique, spiritualité et vieillissement » , qui sort aujourd’hui. cet ouvrage dirigé par louis Ploton, est co-écrit par de nombreux auteurs, dont votre serviteur qui est très honoré d’avoir participé à cette aventure.

Vous pouvez trouver toute les informations sur cet ouvrage en cliquant ici.