le management baladeur, un outil au service du management de proximité

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petites blaques pour l’été..

Depuis plusieurs semaine, le blog des iderco s’est mis en mode vacance, même si votre serviteur n »est pas encore en vacance. Pour nous faire pardonner  nous vous Proposons 3 petites blagues de personnes âgées..Sans doute les lecteurs du blog pourront-ils en proposer d’autres… rdv en bas de page dans les commentaires…

 

L’ehpad desOlivettes organise une activité intergénérationnelles. Le gouter est l’occasion de réunir à la même table personnes âgées et enfants de l’école maternelle. La petite jolie, semble fascinée par les rides de Mme Raymond la centenaire de l’ehpad.

«  quelle âge as-tu madame ?

-Oh tu m’en poses des questions….Je suis née il ya tellement  longtemps que je ne sais plus..voyons voir, je suis née en  1907,  cela fait donc..  100 ans  Attend nous sommes en 2016, en 2007 j’ai eu 100 ans ; donc si je soustraie….

– Il ne faut pas te fatiguer à chercher, on va regarder dans ta culotte…

-….. tu veux regarder dans ma culotte

-Quand je ne sais plus quel âge j’ai, je regarde dans ma culotte et c’est marqué sur l’étiquette….. »

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Un grand père partage ses souvenirs avec son petit fils : « quand j’étais  enfant les choses n’étaient pas pareil qu’aujourdh’ui. Quand ma maman m’envoyait faire les courses, avec 10 francs l’équivalent d’un euros 50, je revenais avec du pain, du lait, des œufs, du fromage et le journal.

-Ah bon ? Il n’y avait pas de caméra de surveillance ? »

 

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Un monsieur de 80 ans va voir le médecin car il souffre de migraine.

Après l’avoir examiné le médecin lui dit « écoutez, je ne vois rien du tout, vous êtes en pleine forme …

– Et pourtant j’ai mal à la tête

– Vous abusez sans doute de la bonne chair peut-être?

– Très peu de viande, beaucoup de légume…

– Et l’alcool?

-Le dimanche, un verre de vin, les jours de fête un verre de porto.

-Est-ce que vous fumez

-Oh non, vous n’y pensez pas, je n’ai jamais touché une cigarette de ma vie

– Vous arrives-t il de vous mettre en colère ?

-Jamais de la vie, ma femme me dit toujours que je suis une crème

-Peut-être manquez-vous d’exercice physique

-Vous croyez ? c’est moi qui fait les courses, le ménage, le repas, la table, je cultive mon potager, peut-être faudrait-il que je passe de 2 km de marche quotidienne à 3 km ?

-Et la bagatelle ?

-Oh vous savez ma femme et moi on n’a jamais été porté sur la chose

-Et jamais tenté de compenser…canal plus…internet ..

-Voyons docteur, je suis un homme d’honneur…

-Peut-être ne faites-vous pas travailler assez votre cerveau ?

-Vous pensez qu’il faudrait que j’arrête de lire des ouvrages de philosophie ?

-Sans doute manquez-vous de repos alors ?

-Une heure de méditation le matin à 6 heure au lever, 1 heure de sieste l’après midi, et coucher avec le poule.. vous pensez qu’il faudrait que je me couche plus tôt ?

– écoutez je ne vois vraiment aucune raison à ce que vous ayez des migraines…si.. peut-être une… c’est votre auréole qui est sans doute trop serrée !!!!Afficher l'image d'origine

offre d’emploi idec

un ehpad en périphérie de Cholet (49) recherche une idec ayant eu une formation pour un CDI à 90 %. Si l’annonce demande un caferuis ou équivalent, la direction nous a indiqué qu’une formation équivalente à celle effectuée à l’institut Meslay (certificat profesionel, 200 heures) permettait de postuler.

Pour trouver l’annonce et els coordonnées de l’institution cliquez ici: IDECO

 

la pensée du jour: victime, sauveur, persécuteurs….

Jean-Marc Blanc qui animera le 06 juillet prochain, une journée unique sur la posture managériale(Pour plus d’information et inscriptions.cliquer ici), en partenariat avec le blog iderco, propose ci dessous ses réflexions pertinentes et acérées sur le management que lui inspire l’actualité.

Benzema et le Triangle Dramatique (ou le naufrage public de l’éthique de responsabilité)

Nous en connaissons tous, au travail ou dans la sphère privée…Ils sont reconnaissables (ils et elles), car cela ne va jamais: soit leur vie personnelle, dès potron minet, est entachée de malheurs soit leur journée professionnelle se déroule avec moult incidents ou altercations dont ils ne sont (jamais) responsables mais bien les destinataires….ce sont les Victimes.

Tout ce qu’ils font, part d’un bon sentiment (de leur point de vue) et il n’y a jamais malice. Leur langage, leur ton de voix, les expressions qu’ils choisissent (« je m’appelle Marie mais appelez moi la « petite » Marie » -véridique) les désignent immédiatement à leurs deux compagnons de triangle: les Persécuteurs et les Sauveurs.

Car la nature ayant horreur du vide, tout en en place pour le drame, le fameux triangle dramatique Victime-Sauveur-Persécuteur. Deux cas de figure, pour le moins: soit vous avez un triangle figé soit un triangle qui tourne:

Dans le triangle figé, les choses empirent: la Victime se plaint, le Sauveur lui donne des solutions, le Persécuteur est exaspéré….CAR…la Victime ignore les solutions du Sauveur, qui s’épuise à en rajouter ce qui agace encore plus le Persécuteur.

Dans le triangle en mouvement, le Sauveur donne des solutions à la Victime sous le regard agacé du Persécuteur….la Victime s’agace des solutions du Sauveur qui « ne comprend  décidément rien » (rien à sa vie, rien à l’organisation du travail, rien à ..etc)..la Victime devient alors Persécuteur sur ce pauvre Sauveur qui devient Victime et le Persécuteur n’a qu’à aller la consoler, devenant Sauveur à son tour…Bien entendu, ce scénario n’est pas le pire car il a le mérite d’être éphémère, circonstancié, même s’il se répète.

Car dans le scénario figé, le scénario de vie, la Victime évolue ainsi par choix. Même inconscient, il s’agit toutefois d’un choix, d’un réflexe de survie. La Victime n’a jamais appris à exister autrement. Enfant, cela l’a peut-être sauvée ou rapprochée (par exemple) d’un parent distant. Dans une fratrie d’excellence ou de combat, elle n’a peut-être eu que ce moyen pour ce trouver une place. Voire (et ceux qui connaissent la Psychogénéalogie ou sont jungien ne seront pas surpris) y sont prédestinés (j’ai mais longtemps à m’apercevoir -véridique- que la « petite » Marie précitée s’appelait Dolorès de son second prénom!!! Vouée aux douleurs dès avant sa naissance, quelle chance reste t’il?). Tout cela pour dire que, sans vrai travail de conscientisation, la Victime figée n’a aucun intérêt à changer! Mais au contraire, à reproduire ce qu’elles connaissent le mieux et qui les identifient fortement face aux autres.

J’ai récemment repéré une de ces Mater Dolorosa, qui ne peut s’empêcher de discrètement, mais avec assez d’insistance pour que cela soit remarqué, laisse dépasser de tout document qu’elle manipule les notes du prochain livre voire le livre précédent qu’elle a écrit sur son fils autiste… Cette identité la transcende et le handicap du fils (dont il a parfaitement l’air de le supporter) participe très fort de l’identité de la mère.

Alors, me direz-vous, que vient faire Benzema ici? Eh bien, le remède au Triangle Dramatique, c’est l’éthique de Responsabilité que tous les managers, chefs et patrons bienveillants appellent de leurs voeux. Et avec la position récente de Benzema sur ses affres avec la sélection de l’équipe de France, cette éthique s’est faite hara-kiri devant les jeunes fans de ces idoles faciles, vestales du Dieu Consommation.Ce que j’ai fait, mes actes, qui ont conduit à un regard moral, éthique, sur qui je suis dans un ensemble que je représente, le fruit et le résultat de mes actions, tout cela, je ne l’assume pas! Non! je suis une VICTIME. Du racisme, mais ici le prétexte n’a aucun objet de sens, il aurait pu être noir, jaune, végétarien, de droite ou de gauche, petit ou aux cheveux trop longs, il faut trouver un prétexte extérieur qui dédouane et, bien sur, un persécuteur, ici le sélectionneur devenu le raciste colonisateur (à un pauvre Deschamps qui n’en demandait pas tant) et bientôt, un sauveur,  Cantona. Regardez depuis combien le Triangle tourne, chacun devenant, avec des prises de parole multiples, à sont tour Persécuteur, Sauveur et Victime! Hollywoodien!

Tout cela serait juste pathétique si cela ne participait pas de l’effondrement de l’éthique de Responsabilité…Elle avait déja déserté le champ du Gouvernement du pays et de la politique, voila qu’elle s’incarne dans les médias! Et le pire ici, c’est que, relayé par ses Sauveurs, chacun y allant de son explication savante, c’est le pays entier qui est vilipendé: une France Persécutrice.

Sauf que c’est faux! Notre pays n’a jamais autant créé, imaginé, fouillé les idées. Les grands initiatives solidaires, citoyennes et éco-citoyennes, collaboratives et de partage (BLABLACAR, etc) sont françaises. Et ne nous trompons pas, si notre pays est quelquefois exclusif, ce n’est pas de l’Autre mais de ce que, dans ses convictions personnelles ou dans la culture qu’il veut voir reconnaître, l’Autre veut imposer contre, justement, l’esprit de liberté qui caractérise la France.

Au coeur des entreprises, malgré les conservatismes souvent syndicaux d’ailleurs, l’éthique de Responsabilité s’impose…Dans les initiatives de co-voiturage, etc la Responsabilité est là (je co-voiture, je suis responsable des passagers). Et voila que, plutôt que d’affronter ses démons, ses limites, sa veulerie, ses erreurs, ses magouilles éventuelles (?), un footballeur exécute l’éthique de Responsabilité en place publique.

Un énième mauvais exemple qui ne doit pas empêcher chefs, managers et patrons de continuer avec opiniâtreté à diffuser cette éthique voire à permettre à chacun de se l’approprier afin de devenir l’acteur essentiel de ce précieux et si volatile moment qui nous est donné: notre vie!

Le kit de survie du manager et du cadre intermédiaire: une journée exceptionnelle pour les iderco et leur direction

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Une iderco nous le confiait récemment, qu’ il n’est pas toujours simple pour une personne en positon d’encadrement intermédiaire, de se positionner face aux salariés ou avec sa direction ..surtout quand on occupe un poste sans objet officiellement défini…

Il apparaît ainsi essentiel, quand on est un situation de management de proximité, de s’ancrer dans une posture qui permet d’avoir à la fois un pied dedans et un pied dehors.  Cet ancrage est d’autant plus nécessaire qu’il est ainsi tout à la fois indispensable de travailler en loyauté avec sa direction comme avec les salariés.

A l’issu de la journée sur le management de proximité, organisé en février dernier par votre blog à l’institut Meslay en Vendée, de nombreux participants ont souhaités que ce type de rencontre puisse se renouveler.

C’est pour cela que nous vous proposons  une journée  exceptionnelle intitulée  « oser être chef: kit de survie du manager et du cadre intermédiaire » animé par Jean-Marc Blanc, consultant et ex directeur d’ehpad, dont nous avons plusieurs parlés sur ce blog.

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Avant des vacances d’été bien méritées, quoi de mieux que de se nourrir, avec sa direction, dans  une journée sur la posture managériale: un temps privilégiés pour renforcer le lien de confiance indispensable, approfondir ses conaissances, travailler ensemble en dehors du cadre institutionnel.

Cette journée aura lieu, le mercredi 06 juillet à Montaigu (85) entre 9h30 et 16h30.

Pour plus d’information (renseignements et inscriptions),.cliquer ici

Pour télécharger l’invitation cliquer ici :  Invitation JI 15 – Oser etre chef – Iderco

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pensée du jour: mettre le patient au centre du système?

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« De la même façon dans les soins, le risque serait bien sûr de suivre aveuglément le mot d’ordre que l’on nous serine depuis 20 ans « il faut mettre le patient au Centre du système », bêtise ! Tant que nous laissons le patient au centre, nous le considérons comme objet de nos soins, il serait plus brillant de l’extraire du centre et de lui rendre une place de sujet dans cette relation de soin. Le SOIN, lui par contre, pourrait devenir l’objet de nos préoccupations communes (au patient et au soignant). C’est le Soin qui doit être au centre de nos institutions. « 

Christophe PACIFIC, Cadre supérieur de santé, Docteur en philosophie -Extrait d’un texte  » le management durable « publié sur le site « cadre de santé » .

. Dans un style percutant et provocateur le philosophe interroge et bouscule l’ordre établi. Bien évidement, ce texte concerne l’hôpital: toutefois, au travers de sa réflexion, Christophe Pacific met en exergue le décalage qui peut exister entre une vision globale du soin partagée par de nombreux soignants et  la manière dont celui-ci peut-être perçu par certains décideurs , administratifs ou technocrates. Ce texte nous a amené à quelques réflexions que nous vous proposons ci-dessous.

Depuis plus d’une décennie le discours officiel distille l’idée qu’il faudrait remettre la personne au coeur du système. Comme si la personne n’y avait jamais été. Ce serait faire insulte aux soignants et aux professionnels qui ont travaillés dans les maisons de retraite que d’adhérer à l’idée que la personne n’aurait jamais été au cœur du système.  Ce n’est pas la personne qu’il faut remettre au coeur du système,  car elle y a toujours été, c’est la réflexion collective autour des pratiques, du soin et de la relation d’aide qu’il faut en permanence renouveler:  Comment faire en sorte que nos organisations, dans un contexte contraint (contraintes budgétaires, contraintes normatives, tensions en matière RH, etc) et de hausse de la dépendance, puisse s’adapter aux besoins des personnes et non l’inverse?  Comment, dans un univers où le ratio de personnel est en partie mesuré en fonction de la dépendance physique et des besoins médicaux mettre en oeuvre de vrais démarches d’accompagnement qui prennent en compte les besoins psychologiques et relationnels des personnes? Comment être efficient avec un public dont une grande partie des besoins n’est pas mesurable objectivement?Comment assurer un management de proximité de qualité dans un secteur où les postes des personnes chargées naturellement de le faire ne sont pas ou trop peu financés?

Sur le terrain les professionnels sentent parfois la contradiction entre un discours où le résident est officiellement au centre du système, et une organisation contrainte qui ne leur permet pas toujours de s’ajuster aux réalités des résidents. Face à ce décalage ils peuvent être tentés de se réfugier dans leur technicité, afin de se rassurer sur la valeur de leurs actes et leurs compétences. La majorité des soignants ont avant tout le soucis de la personne: ils ont aussi le soucis de faire correctement leur travail et de remplir leur mission, pour le bien de la personne. De nombreux travaux ont montrés  que le travail en gérontologie pouvait mettre à mal leur idéal professionnel et qu’ils pouvaient paradoxalement, se réfugier dans une technicité qui efface l’autre, dans la plainte constante, la résistance au changement, le conflit d’équipe, symptômes d’une souffrance et d’un besoin de  se restaurer dans un idéal professionnel.

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Aujourd’hui, face à l’augmentation de la dépendance, on entend de plus en plus des responsables du secteur exprimer leurs crainte (justifiées) d’une « sanitarisation  » du secteur.  Ils redoutent ainsi  de voir nos institutions se transformer en « mini long séjour gériatriques tel qu’on en connaissait dans les années 90. L’idée de remettre le soin au coeur du système, leur fait peur, d’où, cette réticence, entendue récemment à reconnaître de manière officielle la place, le rôle et le statut des iderco.  Comme nous l’avait affirmé un responsable de fédération, « c’est bien par ce qu’il ne faut pas que le soin prenne une place trop importante dans nos structures qu’il ne faut pas donner de statut particulier aux idec »(!) et « qu’il n’y a pas d’utilité à dépenser du temps à une réflexion collective sur le projet de soin. On est dans un lieu de vie, pas dans un lieu de soin ». Dans cette perspective il est alors  tentant de vouloir les cantonner à un rôle de super organisateur de l’organisation médicale, de réduire le projet de soin à un catalogue de procédures et de protocoles, de réduire le soin au pipi-caca, aux  injections et aux pansements!

Le souvenir de certaines institutions des années 80-90 subsiste encore dans certains esprits: la vie du résident-patient paraissait soumise aux impératifs de l’organisation des soins et de la médecine, ses désirs semblant passer après.C’est aussi dans ce contexte d’augmentation de la dépendance, et donc du nombre de soignants, que l’on a pris conscience du risque que certaines institutions soient de moins en moins des lieux de vie mais de lieux de soins.

Mais il ne suffit pas d’incanter et d’ânonner de jolis refrains plein de belles intentions en montrant du doigts les soignants pour faire avancer les choses. IL faut comprendre les enjeux humains du coté des personnes âgées, mais aussi du coté des professionnels qui s’en  occupent.

 

En fait, il serait stupide d’opposer lieu de vie et lieu de soin.

Plutôt que de savoir si on est un lieu de vie ou un lieu de soin, nous pensons que l’enjeu est de sortir cette opposition stérile entre lieu de vie et lieu de soin. Nos institutions sont tout à la fois des lieux de vie et des lieux de soin: des espaces de vie où l’on accompagne des personnes de plus en plus dépendantes, où le soin prend une place de plus en plus importante.  Le risque comme nous ‘lavons déjà souligné dans ce blog, serait  de privilégier l’un au dépend de l’autre, de négliger le projet de soin de l’institution ou de le confondre avec le projet médical, de confondre le soin avec le « faire des soins ».

Nuance sémantique me dira-t-on: et bien non!

IL nous apparaît indispensable de remettre le soin au coeur du système: non pas pour donner aux soignants ou à la médecine toute la place ou trop de place, mais pour lui donner sa juste place; simplement, par ce qu’on ne peut s’exonérer d’une réflexion collective sur la dépendance et la fin de vie.

Remettre le soin au coeur du système afin de développer une vraie réflexion collective sur le soin qu’il ne faut pas confondre avec les soins, afin que le projet de soin soit un outil de management auquel on fait référence, un appui pour les équipes, le vecteur d’une définition partagée du soin qui ne le réduit pas à sa dimension technique..

Remettre le soin au coeur de nos préoccupation est sans doute le meilleur moyen d’éviter que l’organisation soit soumise aux contraintes médicales. Dans de nombreuses institutions, les conflits, les tensions, les arrêts maladies, le turn over , ou les maltraitances sont autant de symptômes de la difficulté, voire la souffrance des professionnels, à s’appuyer sur un projet de soin digne de ce nom.

Remettre le soin au coeur du système afin que la personne reste au coeur de ce dernier!

Tant qu’il existera des lieux de vie pour accompagner des personnes âgées dépendantes, la question du juste rapport entre lieu de soin et lieu de vie perdura; loin d’être un problème cette tension doit être vécue non pas comme une opposition, mais comme une invitation à la réflexion collective, à un management qui ne peut se cantonner à une simple gestion de l’organisation et des soins.

Nous laissons à chacun le soin de contribuer à cette réflexion…

 

la pensée du jour: vivent les Chefs!

 

Nous avions évoqué il y a 2 ans l’action efficace de Jean-marc Blanc , alors directeur d’ehpad: confronté à des taux d’arrêts de travail et un turn over important, il avait décidé  de ne plus vivre ces phénomènes comme une fatalité institutionnelle, de le comprendre comme la manifestation de souffrance au travail de son personnel et avait mis en œuvre des initiatives efficaces. En 3 années, il avait réduit de près de 50% les arrêts de travail , le turn over du personnel étant passé de  28 % de turnover par an à… 0 %. Il avait non seulement mis en oeuvre une série de   mesures  peu coûteuses mais efficaces, mais avait pris conscience de l’importance du prendre soin de ses cadres de proximités et donc de l’iderco.

Depuis, Jean-marc Blanc partage son regard original sur le management, au grand bonheur des personnes qui ont la chance de le côtoyer en formation ou dans les salons professionnels comme le salon age 3 où ses prestations régulières sont très appréciées.

il nous fait l’amitié de  partager avec le blog des iderco ce petit billet d’humeur sur le management, et particulièrement nos représentations (parfois négatives) du chef …

Mon printemps réactionnaire: vivent les Chefs!

« J’ai lu, ce matin, une maxime que j’ai trouvée d’une stupidité crasse: « avec le chef, on obéit, avec le manager on avance, avec le leader, on trouve du sens » ou quelque chose d’approchant….Seul mot français du vocable « chef »! « avec le chef, on obeit » et nous voila obligés d’aller chercher chez les anglo-saxons d’autres mots pour être positif…Alors, attardons nous quelques instants sur ce leader, sacré, saint, à la mode dans le management..

Leader vient de l’anglais to lead, mener. Sauf si l’on lit Scott ADAMS (Le principe de Dilbert) qui voit l’origine du mot dans lead-le plomb, au sens du plomb, la balle de plomb, que l’on a envie de tirer dans le dos de celui qui est au dessus de soi. Les étymologistes voient dans la construction historique du mot leader un parallèle évident avec la construction historique de son équivalent germain, Führer, dont il est communément admis qu’en matière de création de sens, il a prouvé ses limites! Et voila que le coup de grâce est porté par la Commission Générale de Terminologie et Néologie qui propose, comme traduction française, attention, roulement de tambour, CHEF DE FILE!

Tout ça pour ça!

Mais qu’a donc notre bon vieux terme de Chef pour être à ce point caricaturé « Avec le chef, on obéit ». Chef vient du latin « caput », la tête. Le chef c’est celui qui réfléchit, qui se réfère à la raison, la tête et non aux sentiments (le kardia) qui circulent entre le coeur et les intestins…N’a t’on pas le coeur au bord des lèvres lorsque l’on a du prendre des décisions qui sont en contradiction avec notre nature profonde, des décisions de chef (un congé refusé, un licenciement, un remplacement à organiser en urgence, une réunion houleuse…)

Mais la nouvelle Doxa dominante, celle du végétarisme, de la fin des identités, de la culpabilisation de l’histoire nationale, de la hiérarchie has-been, du patron salaud, de l’autogestion fourre-tout, du boboisme triomphant, a évacué la notion de chef du discours social valorisé. Tout au plus est-il affecté au Chef de l’Etat (et ceux-ci se débrouillent très bien à décrédibiliser la valeur du mot), au Chef de l’Eglise (sans commentaire), à l’armée ou aux services éducatifs et à la fonction publique, chefs de service rapidement assimilés aux petits chefs..

Le petit chef est certainement celui qui a le plus contribué à anéantir le sens du mot. Ressort de la promotion vicieuse à la française, le petit chef évolue par favoritisme, par clientélisme….on ne lui donne pas, en général, les moyens managériaux pour incarner son rôle et le voila englué dans une sorte de veulerie teintée de reconnaissance, celle du ventre. Le petit chef est un affidé de l’organisation maltraitante et on le retrouve souvent, distingué par plus haut que lui, répandant son incompétence managériale sur tout ce qui est en dessous, aux ordres.

Le chef est pourtant bien plus que cela. Personne n’est obligé d’être la caricature que le monde selon Saint Bobo voudrait qu’il soit! On peut être chef de meute mais aussi chef de troupe, être la tête, celui qui sait appeler la raison au service de sa compétence, du fonctionnement et non les sentiments, le favoritisme, les petits copains, les passe-droits. Le chef doit être réhabilité. Car c’est de la tête que vient le sens, c’est avec la tête que se comprennent les outils managériaux, c’est la tête et non l’affectif qui permet à l’organisation d’analyser les conflits et les dysfonctionnements et de les résoudre, c’est avec la tête, rationnelle, objective, que l’on saisit le monde et que l’on grandit!

Vive les chefs, donc, qui donnent du sens, aident à l’épanouissement, qui ne sont pas contraints par leur titre à donner des ordres, qui ne sont pas qualifiés jusqu’à la caricature! et comme disait Paul VALERY,  s’épanouir en devenant un chef, « un homme qui a besoin des autres ». »

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